26/10 : Affaire Tapie-Crédit lyonnais : l'arbitrage validé
L'État avait-il intérêt à ce qu'un arbitrage privé vienne clore le litige opposant le Crédit lyonnais à Bernard Tapie ? Et devait-il accepter que 285 millions d'euros soient versés en réparation à l'homme d'affaires ? À ces deux questions, qui avaient dominé la vive polémique provoquée par la sentence arbitrale en juillet 2008, la justice administrative vient de répondre par l'affirmative, validant donc les conditions de la victoire de Bernard Tapie.
Dans sa décision, le tribunal administratif de Paris considère notamment que « la ministre (de l'Économie et des Finances, Christine Lagarde) n'a pas commis une erreur manifeste d'appréciation» en refusant de faire appel de la sentence arbitrale car, selon le tribunal administratif, «la complexité du litige, sa nature, sa durée et le risque sérieux d'une nouvelle condamnation ou d'une aggravation de la première condamnation» existaient. François Bayrou, Charles de Courson et Jean-Marc Ayrault, qui étaient à l'origine de ce recours, voient donc leurs arguments rejetés.
Dans leur décision de 13 pages, les juges administratifs répondent également sur la question de l'argent public engagé pour indemniser Bernard Tapie. «La circonstance que la créance du groupe Tapie sera réglée par un financement public et non par les fonds du Crédit lyonnais (à la suite du redressement de la banque par l'État à partir de 1985) ne peut changer la nature du litige qui est, depuis son origine, un litige de droit privé et non de droit public et qui oppose des parties privées.»
Autre aspect polémique, l'attribution de dommages et intérêts pour préjudice moral à une hauteur record de 45 millions d'euros est, selon le tribunal administratif, motivée par «le comportement anormal de la banque ».
Bernard Tapie, dont les liquidateurs du groupe ont déjà touché les fonds prévus par la sentence, se dit satisfait par cette décision. «L'intégralité de la thèse que je soutiens est validée par le tribunal administratif. Cet arbitrage n'était donc, en aucun cas, une combine entre Nicolas Sarkozy et moi-même», lance-t-il.
À ce jour, la somme que touchera personnellement Bernard Tapie à la suite de l'arbitrage n'est toujours pas connue. La totalité, selon ses avocats, serait de 20 à 40 millions d'euros, une fois les calculs d'intérêts et d'impôts réalisés. Le député Charles de Courson - qui envisage d'ailleurs de faire appel du jugement du tribunal administratif - estime que la somme allant directement à l'homme d'affaires sera en réalité de 100 millions.
[lefigaro]
07/07: interview tv mag
France 2 diffuse un portrait de vous...
Bernard Tapie : Je m'en fous. Vous m'appelez pour me parler de la télé alors que c'est le dernier de mes soucis. Je ne la regarde jamais.
En tout cas, elle semble s'intéresser de nouveau à vous...
Bernard Tapie : Si je les écoutais, je devrais passer mon temps à parler du Club Med... Ils vont devoir prendre l'habitude de faire leur vie sans moi. Aujourd'hui, je suis un vieux monsieur et je ne fais plus rien. Comment est le sujet?
Il est plutôt positif...
Bernard Tapie : Il ne manquerait plus qu'il soit négatif!
Les témoins sont nombreux, on y voit notamment deux de vos enfants. On imagine mal qu'ils ne vous en aient pas parlé...
Bernard Tapie : J'en ai un à mes côtés. Nous avons assez de pudeur pour qu'ils ne me disent rien sur ces interviews. Pas un mot. S'ils avaient voulu m'en parler, je n'aurais pas voulu les écouter, et s'ils m'avaient demandé mon avis, je leur aurais déconseillé d'y aller. C'est peut-être pour cela qu'ils ne m'ont rien dit (rires).
Tout le monde se demande si on assiste à votre grand retour ?
Bernard Tapie : C'est vous, la presse, qui avez imaginé un jour que j'étais parti. Je ne me suis jamais barré. Pendant treize ans, j'ai marié Tupolev et la General Electric pour faire un avion, j'ai joué Valence, fait des émissions de radio sur RMC, du théâtre, un long métrage avec Lelouch... La seule vérité, c'est que, d'un seul coup, vous avez arrêté de me gonfler.
Bernard Tapie : Est-ce qu'on voit que mes fils m'aiment bien, dans ce film ?
Oui.
Bernard Tapie : Si l'on voit que nous sommes unis, tout le reste n'a aucune importance. Là, je suis sur un bateau face à Capri avec ma famille. La mer est sublime. Si Tapie était ce qu'on en dit, y compris avec ses bons côtés, il ne serait certainement pas mon ami27/06: Interview de Tapie: Clube Med et foot.
Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour « manipulation de cours » dans le dossier du Club Med. Comment réagissez-vous à ce nouvel épisode ?
Bernard Tapie. A partir du moment où une plainte était déposée, l’ouverture d’une enquête préliminaire était mécanique.
Bernard Tapie, 66 ans, est-il sur le point de revenir aux affaires ? Après plus de quinze ans d'ennuis judiciaires, et après avoir obtenu gain de cause dans le dossier Adidas contre le Crédit lyonnais, l'ancien chef d'entreprises laisse planer le doute, depuis fin avril, sur ses intentions d'entrer au capital du Club Méditerranée. Il les dévoile au Monde.
Il y a près de deux mois, vous avez manifesté votre intérêt pour le Club Méditerranée. Qu'allez-vous finalement faire ?
Depuis le départ, j'ai toujours dit que je m'intéressais au Club mais pour n'y entrer que de façon minoritaire et en accord avec le management. Cela a toujours été ma philosophie. Je ne suis pas un prédateur. En rendant public la première et unique rencontre, Giscard (Henri Giscard d'Estaing est le PDG du Club Med) m'a fait comprendre que je n'étais pas le bienvenu à ses yeux. Dès lors, mon envie d'entrer dans le capital à une hauteur suffisante pour peser sur la stratégie et la politique devenait impossible.
Vous jetez l'éponge alors ?
Non parce que je suis têtu et que je ne lâche jamais rien. Entre mardi 16 juin et mercredi, j'ai acheté à ce jour 260 000 actions soit un peu plus de 1 % du capital.
C'est finalement beaucoup de bruit pour pas grand-chose. Que pouvez vous faire avec 1 % ?
C'est vous qui le dîtes que ce n'est pas grand-chose. Je n'ai pas dépensé plus de 2,5 millions d'euros pour rien. Mon ambition maintenant est de comprendre toutes les incohérences tant sur le comportement des actionnaires que de certains chiffres et d'autre part, expliquer à ces actionnaires pourquoi je ne comprends par la stratégie menée par Giscard. Mais encore une fois, que ce soit clair : je ne cherche pas de boulot et je ne veux pas la place de Giscard.
Vous êtes vraiment en désaccord avec la stratégie du Club ?
On ne peut pas être plus en désaccord ! Giscard a fait le choix de n'orienter le Club que vers le haut de gamme. C'est une mauvaise idée. Le Club, c'est un concept populaire, festif, convivial. Il doit s'adresser à tous en fonction de leurs moyens. Or, privilégier le haut de gamme, c'est s'éloigner des valeurs du Club. Sans comptez qu'en temps de crise, c'est le moment le plus défavorable pour mener une telle stratégie dans un créneau très concurrentiel.
Qu'attendez-vous alors ?
Il y a trois hypothèses. La première, je me suis trompé. Le Club se remet à gagner de l'argent. Giscard est heureux et moi aussi... parce que j'aurai fait un bénéfice. Je le ferai savoir et je le féliciterai. La deuxième : bizarrement alors que les actionnaires ont perdu 80 % de leur actif en trois ans, ils continuent de l'accepter. Moi et mon 1 % du capital, je la boucle et j'essaie d'en sortir. Enfin, dernière hypothèse, la majorité des actionnaires disent : ça suffit. On obligera Giscard à changer de stratégie.
D'ici les résultats annuels du Club, en octobre, que comptez-vous faire ?
Rien. Encore une fois je peux me tromper. Mais à mon avis, c'est la dernière étape avant le grand réveil. Le Club n'a pas attendu la crise pour perdre la moitié de sa valeur.
Pourquoi selon vous les actionnaires ne diraient rien ?
Parce qu'on est dans la caricature avec des dirigeants cooptés plus par leurs affinités, par leurs corps que par leurs compétences et dont la devise est devenue : quand l'affaire gagne, on gagne beaucoup et quand l'affaire perd, on gagne beaucoup quand même. Ce temps doit être révolu.
Le Club a porté plainte pour fausses informations et manipulation de cours. Vous avez été surpris ?
Coïncidence, la plainte a été annoncée le jour de la publication des mauvais résultats semestriels, elle a juste servi à faire diversion.
Personne n'est dupe ! Faire monter le cours avant d'avoir acheté une seule action mérite plus l'hôpital psychiatrique qu'une enquête de l'AMF (Autorité des marchés financiers). On a tout dit de moi, mais pas que j'étais con ! Le seul moment où le titre est monté, c'est après la fuite du Journal du dimanche le 25 avril relatant ma rencontre avec Giscard. Or, ces fuites ne viennent pas de moi. D'ailleurs, je demande solennellement que le JDD annonce qui leur a dit. Si c'est moi, je lève le secret des sources. Quant à Me Kiejman (l'avocat du Club), pour qui j'ai énormément d'estime et de respect, il a suffi que je touche un cheveu de Giscard pour qu'il pète les plombs. Pour une fois, on ne va pas être du même côté de la barrière et ça m'amuse assez. Sur le fond, tout ce que j'ai dit se trouve dans le rapport annuel du Club dont je ne retrouve aucune trace dans la presse spécialisée. La seule phrase qui pourrait être diffamatoire, c'est : il (Giscard) est fait pour diriger le Club comme moi pour diriger Notre Dame de Paris. Je suis très croyant. Moi je pense que j'en serai capable.
De quels moyens financiers disposez aujourd'hui ?
Le montant de l'indemnité concernant l'arbitrage dans l'affaire Adidas sera connu avant les vacances. Il se montera entre 60 et 80 millions d'euros avant l'impôt dû lors de la distribution des bénéfices aux actionnaires au moment de la dissolution de Groupe Bernard Tapie (GBT). Par ailleurs, le 6 mai, le tribunal de commerce a autorisé la mise en révision des jugements de liquidation de GBT. La vente des actifs réalisés et encaissés - hors arbitrage - se chiffre à 85 millions d'euros. Et comme j'en ai assez qu'on me rebatte les oreilles avec les contribuables, je promets de publier ce qu'il me restera et ce que je leur ai fait gagner.
Revenir aux affaires vous démange. Mais votre discours est-il crédible ?
Evidemment que oui ! Sinon le Club n'aurait pas pris 30 % le jour de l'annonce de mon arrivée. Qu'on arrête ces procès non fondés ! La valeur de toutes les sociétés, en dehors de celles déjà vendues à l'époque et hors Adidas, s'est élevée à 76 millions d'euros. Mais je comprends les interrogations à mon sujet car si je ne savais de moi que ce que je lis depuis des années, j'aurai sur cet individu la même opinion qu'eux.
[Lemonde]
La tension monte entre Club Méditerranée et Bernard Tapie. A l'occasion de la publication de ses comptes semestriels ce jeudi, Club Med a déposé plainte contre Bernard Tapie devant le Procureur de la République de Paris pour «diffusion d'informations fausses et trompeuses et manipulation de cours», a annoncé son PDG Henri Giscard d'Estaing. Le 11 mai, la société avait déjà demandé à l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'ouvrir une enquête sur les fluctuations de son titre en bourse à la suite des déclarations «contradictoires» selon lui, de Bernard Tapie sur son éventuelle entrée au capital du groupe.
Les critiques de l'homme d'affaires depuis plusieurs semaines concernant Henri Giscard d'Estaing et la stratégie du groupe, excèdent la société de tourisme. Bernard Tapie estimait que l'augmentation de capital lancée en mai par la société, avec le soutien de la Caisse des dépôts, était une «combine» destinée à «permettre à Henri Giscard d'Estaing de garder sa place». Il avait aussi critiqué la stratégie de montée en gamme du groupe, jugeant que le Club Med était «monté en prix, mais pas en service». Dans une interview à «Libération», Bernard Tapie affirmait que «cette boîte est gérée n'importe comment».
Hier, Bernard Tapie rajoutait une nouvelle couche. Estimant que «cette maison est aussi transparente qu'un bunker», il avait indiqué qu'il attendait «la vérification d'un certain nombre de points» figurant dans ses comptes avant de trancher sur une entrée ou non dans son capital.
Dans un communiqué ce matin, le conseil d'administration précisait que ces «critiques publiques portées par Bernard Tapie (...) ne sont pas conformes, par leur forme et leur contenu à ce qui peut être exprimé sur toute société cotée. Ces critiques constituent un dénigrement de la société et portent atteinte à son image et à son activité. Les préjudices qu'elles sont susceptibles de causer à la société et, de ce fait, à ses actionnaires ainsi qu'à ses collaborateurs, seront appréciés par l'autorité judiciaire compétente. «Les attaques personnelles» formulées à l'encontre d'Henri Giscard d'Estaing sont considérées par le conseil d'administration «comme scandaleuses et dénuées de tout fondement».
Club Méditerranée a également dévoilé ce matin ses résultats semestriels. Le groupe accuse une perte nette de 22 millions d'euros au premier semestre de son exercice 2008-2009 clos en avril, contre une perte de 9 millions un an plus tôt. La perte opérationnelle ressort à 9 millions d'euros au 1er semestre, contre un bénéfice de 5 millions d'euros un an auparavant à la même période. Le chiffre d'affaires s'élève à 724 millions d'euros (-4,2%). Les réservations cumulées pour l'été 2009 chutent de 18,3% au 6 juin, par rapport à la même période de l'exercice précédent. La baisse est de 17,4% en Europe, de 18,2% en Asie et de 28,4% aux Amériques.
Henri Giscard d'Estaing souligne que ces résultats, «réalisés dans un contexte de crise mondiale, sont marqués par une nouvelle progression du nombre de clients sur le haut de gamme» et «la progression de la rentabilité opérationnelle des villages». Le résultat opérationnel courant loisirs, l'indicateur de la rentabilité des villages du groupe, a en effet progressé de 7,7% à 28 millions d'euros sur le semestre.
D'autres éléments expliquent également ces reculs : la réduction des capacités de 8,7% pour l'été (mesure prise afin de s'adapter à la crise), les effets de la grippe A sur les voyages, et certains éléments non récurrents comme les coûts de fermeture du village de Bora-Bora (10 millions d'euros) et les coûts de restructuration (12 millions d'euros) liés au plan d'économies du Club Med. Ayant donc de nouveaux éléments en main concernant les comptes du groupe, Bernard Tapie doit rendre sa décision avant le 15 juin.
3. l'administrateur Le 03/07/2009 à 11:48
2. YACINE Le 02/07/2009 à 22:29
1. GARCIA Le 18/06/2009 à 20:46
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